Comment les plantes luttent contre le gel?

Comment les plantes luttent contre le gel ?

A la différence des animaux, les plantes ne peuvent migrer pour échapper au froid. Leur première défense sera d’entrer dans un sommeil et de vivre au ralenti. Mais pas seulement ; elles ont imaginé d’autres protections efficaces.

Un manteau neigeux

Pour les plus sensibles, la neige est LE rempart indispensable contre le froid. La neige renferme une quantité d’air et forme un excellent isolant. Sous un manteau de 40 cm de neige, la température est de zéro degré même si la température extérieure est de -40° C !

Toute nue, tu meurs

Curieusement, quelques plantes alpines – qui n’ont d’autres protections que la neige – sont vulnérables en plaine. Des expériences ont montré qu’elles ne résistaient pas toujours, alors que les températures étaient plus clémentes. Tout simplement parce qu’en l’absence de neige, la plante n’est plus protégée par son manteau isolant. A la première grosse gelée, les plantes toutes nues ne survivent pas.

Un duvet de poils

Certaines plantes, comme l’edelweiss, développent un petit duvet de poils blancs. Non seulement ce dernier agit comme une polaire contre le froid mais il est aussi un très bon isolant contre la sécheresse des vents violents en montagne.

Un coussinet bien chaud

D’autres plantes ont choisi de se mettre en boule, exactement comme nous quand on veut se protéger du froid. C’est l’exemple du silène sans tiges ou de l’androsace helvétique en forme de gros coussin. La forme ronde réduit au minimum la surface exposée au froid et au vent. La chaleur et l’humidité sont ainsi maintenues au cœur de la plante.

Des molécules dans les veines

Certaines plantes succulentes, comme les joubarbes des montagnes ou les orpins à feuilles épaisses gorgent leurs cellules d’eau très concentrée en molécules. Elles abaissent ainsi de quelques degrés leur point de congélation, exactement comme la mer gorgée de sel. Ce phénomène n’est généralement pas la première protection mise en place par les plantes.

Un antigel dans le moteur

Certaines entrent en surfusion. C’est-à-dire qu’elles sont capables, grâce à un phénomène chimique encore inconnu, d’empêcher la formation de glace en modifiant leur composition. Elles fabriquent ainsi leur propre antigel, comme les poissons des eaux polaires. Conséquence, elles résistent à des températures (-10, -15° C) bien inférieur à leur point de congélation.

Et demain, le réchauffement climatique?

Avec les températures en hausse, la neige sera-t-elle plus rare en montagne ? Le manteau protecteur pourrait manquer à certaines plantes. Même les plus costauds, comme l’androsace helvétique couverte de poils et en forme de boule, qui poussent sur des rochers à plus de 2 500 m est menacée. Où ira-t-elle si, comme toutes les autres plantes, elle doit grimper plus haut pour retrouver la fraîcheur dont elle a besoin pour vivre ? Les endroits à plus de 3 000 m en France sont rares…

ARTICLE RUSTICA

Que faire des plantes après le gel ?

L’hiver peut être rude, mais ces rigueurs qui malmènent nos jardins leur seront bénéfiques aux beaux jours.
Les périodes de grand froid détruisent une partie des parasites et des ravageurs du jardin (les oeufs, les larves et les adultes en hibernation, mais aussi les moisissures).
Le froid hivernal reste indispensable à la reprise d’activité de nombre de graines et de bourgeons, même s’ils vivent au ralenti pendant l’hiver.
La neige reste pour les végétaux la meilleure protection contre le froid. De plus, les flocons apportent certains éléments nutritifs (en particulier de l’azote) à la terre.
Enfin, le gel accélère la décomposition des feuilles mortes et des engrais verts, les transformant plus rapidement en matière organique assimilable par les plantes. Au printemps et à la reprise de la végétation, le sol n’en sera que plus fertile !

Que faire des plantes qui ont gelé ?

Première devise

Attendre. Le gel a des conséquences visuellement spectaculaires (feuillage marron, plante d’aspect complètement mort, etc.) sur la partie aérienne des plantes, mais parfois les dégâts sur la partie racinaire sont peu voire pas importants.

 La première chose à faire est donc de patienter, et de ne pas se précipiter à tout arracher ou à tout jeter au prétexte que vous avez envie de vert et de couleur au jardin.

Arroser dès le début du redoux

N’ayant pratiquement plus d’activité durant l’hiver, les plantes caduques sont peu sensibles au froid. Il n’en est pas de même pour les persistantes dont la végétation n’est que ralentie à cette période. En cas de fortes gelées, les feuillages des arbustes un peu fragiles grillent mais leur système radiculaire reste intact, bien à l’abri sous la terre.
Au printemps, de jeunes bourgeons perceront sur les branches basses. Il faut donc patienter jusqu’aux mois de mai / juin pour évaluer l’étendue des dommages. Il sera temps alors de couper le bois mort Nous avons de « la chance  » ,il devrait pleuvoir milieu de semaine prochaine donc nous n’aurons pas à arroser car les périodes de froid sec et prolongé déshydratent les végétaux.
Passez en revue le jardin : en transformant l’eau en glace, le gel soulève la terre, mettant à nu les racines des plantations récentes. Faites le tour de vos plantations d’arbustes pour tasser la terre.

Aérer les plantes en pot

Avec les gelées, les plantes en pot peuvent prendre un aspect racorni ou flétri. Mais les végétaux les plus rustiques devraient rapidement s’en remettre. Veillez cependant à vos potées : après quelques jours de redoux, aérez pendant quelques heures, en début d’après-midi, les plantes emmaillotées.
Cultivées en pots, les plantes, même les plus rustiques, souffrent de déshydratation lors des grands froids hivernaux. Profitez-en pour les arroser avec de l’eau non glacée, un arrosage mensuel est suffisant. Laissez l’eau s’égoutter, et replacer vos protections pour la nuit.
Si une vague de froid sévère est prévue, renforcez vos protections au niveau des racines. Améliorez l’isolation des potées rangées sur du béton ou du carrelage en intercalant des plaques de polystyrène. Autre solution : posez les pots (légers !) dans des contenants plus larges et glissez de la paille entre les deux parois.

On l’a vu, il faut garder espoir et patience tout le printemps avant de dresser un inventaire complet des victimes de l’hiver.